La fatigue était un poids physique, un manteau de plomb posé sur mes épaules après vingt-deux heures épuisantes d’exercices tactiques sur le terrain. Mes rangers étaient couvertes de la boue épaisse et implacable des zones d’entraînement, et mon uniforme collait à ma peau, humide de sueur et de la bruine incessante qui accablait la vallée depuis des jours. Tout ce que je voulais, c’était la chaleur brûlante d’une douche et l’oubli de mon matelas.
Mais entrer dans la maison de mon père, dans la banlieue cossue de Virginie, revenait à